Colloque « Genre et sexualités »

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Infos pratiques : le colloque aura lieu à l’ENS de Lyon, site Monod (46 allée d’Italie, 69007 Lyon), le jeudi 11 décembre en salle des conférences (de 10h30 à 17h) et le vendredi 12 décembre en salle des conférences le matin (de 10h à 12h30) puis en salle des thèses l’après-midi (14h-18h).

GenERe proposera, les 11 et 12 décembre 2014, un colloque de deux jours portant sur les liens entre genre et sexualité(s). Si genre et sexualité semblent aller de pair, notamment dans le sens commun qui postule un certain alignement entre sexe, genre et sexualité[1], ce lien ne va en réalité pas de soi. La pensée féministe s’est en effet d’abord attachée à distinguer ces deux réalités, afin notamment d’aller à rebours du sens commun qui tend à « tout mélanger »[2]. Ainsi, penser les rapports entre genre et sexualité exige d’abord de les considérer comme choses distinctes. On peut alors définir la sexualité comme 1) une institution qui hiérarchise les sexes et les pratiques et préférences sexuelles, 2) une expérience, un ensemble de pratiques, et 3) des identités sociales et politiques[3]. Consacrer une journée d’étude à ce sujet semble donc particulièrement intéressant pour une structure pluridisciplinaire comme la nôtre. Comment articuler ces trois dimensions et comment recoupent-elles ou traversent-elles les sciences ? Le simple fait de caractériser ou non quelque chose comme étant sexuel implique des enjeux normatifs (juridiques, philosophiques) et méthodologiques. Certaines catégories, comme l’hétérosexualité, l’homosexualité ou encore la bisexualité, sont relativement récentes et méritent d’être replacées dans une histoire – leurs frontières étant sans cesse négociées et redéfinies par les pratiques et les acteurs (par exemple, les personnes asexuelles demandent à ce que l’asexualité soit reconnue comme une orientation sexuelle). En invitant des chercheuses et chercheurs, issu·e·s de disciplines différentes et travaillant sur la ou les sexualités, à présenter leurs travaux, mais également à en discuter conjointement autour d’une table ronde, nous nous proposons d’amorcer un échange qui nous permettra de croiser les regards sur ce sujet intime, social et politique.

Afin de mener au mieux ces journées, il nous est apparu pertinent de les articuler autour de différentes interrogations : questionner le contexte (où et quand ?) des pratiques en fonction du genre semble primordial, autant que la réflexion sur ses relations avec les modalités mêmes de cette pratique (l’influence du genre sur la manière de faire l’amour). Il s’agira aussi de voir comment les choix sexuels sont faits par les individus (avec qui ?), avant de s’intéresser aux conséquences genrées (et après ?) de ces choix, que ces conséquences soient liées à l’orientation sexuelle, aux relations à l’identité perçue ou assignée, ou aux partenaires choisi·e·s.

Programme prévisionnel du colloque :

Jour 1 : jeudi 11 décembre 2014

10h30 : Introduction (membres de GenERe)

10h45-12h15 Matin : Où et quand ?

Michèle Rosellini (Institut d’Histoire de la Pensée Classique UMR 5037 – IHPC), Lettres modernes : Le concept de « scène sexuelle »

Pascale-Marie Milan (Centre de recherches et d’études anthropologiques – EA 3081), Anthropologie : « Il n’y a pas de mariage, les hommes visitent les femmes la nuit. Mais pour les touristes c’est 16h-00h! »

12h15-14h : pause déjeuner

14h-15h30 Après-midi : Comment ?

Anne Verjus (Triangle, UMR 5206), Sciences politiques : Des pratiques sexuelles transgressives des normes de genre : oui mais de quelles normes ?

Isabelle Clair (Centre de Recherches Sociologiques et Politiques de Paris, CRESPPA), Sociologie : Les conflits conjugaux. Entre mise en scène ludique et réitération de l’ordre du genre

15h30-16h : pause

16h-17h Nicolas Faynot (Centre de recherches et d’études anthropologiques – EA 3081), Anthropologie : Jongler entre performance et abstinence; à propos de parcours sexuels d’hommes sénégalais multipartenaires

Jour 2 : vendredi 12 décembre 2014

10h-11h Michel Bozon (INED/IRIS), Sociologie : L’âge de la sexualité, une forme d’emprise du genre

11h-12h30 Matin : Avec qui ?

Michel Senellart (Triangle, UMR 5206), Philosophie : Sexualité et sexe dans La volonté de savoir de Foucault

Jeanne Bovet (Institut des Sciences de l’Evolution de Montpellier – ISEM), Biologie : Choix du partenaire, attractivité féminine et évolution humaine

 12h30-14h : pause déjeuner

 14h-15h30 Après-midi : Et après ?

Pierre Albertini, Histoire : L’homophobie en France et en Angleterre, une évolution paradoxale, 1960-2014

Angeline Durand-Vallot (Triangle, UMR 5206), Civilisation américaine : De la contraception à l’avortement : les droits reproductifs des femmes aux Etats-Unis

15h30-16h : pause

16h-18h : Clôture : Louis-Georges Tin, « L’invention de la culture hétérosexuelle » (sous réserve)

 

 

Comité scientifique et d’organisation :

Responsable :

Cécile Thomé (IRIS-EHESS), thèse de sociologie sous la direction de Michel Bozon : « Scénarios de la sexualité, genre et appartenance sociale. Contraception, désir et plaisir dans les relations hétérosexuelles en France »

Membres :

Nicolas Faynot (Centre de recherches et d’études anthropologiques – EA 3081), thèse d’anthropologie sous la direction d’Olivier Leservoisier (Lyon 2) : « L’espace du mbaraan. Approche anthropologique d’une pratique masculine de multipartenariat au Sénégal »

Irène Gimenez, Master 1 d’histoire contemporaine à l’ENS de Lyon, travaille sur les tests de féminité dans le sport de haut niveau

Lucie Jégat (ENS de Lyon), thèse de sociologie sous la direction d’Emmanuelle Santelli : « Perdre un enfant. Une sociologie du deuil à travers les trajectoires individuelles et familiales »

Marion Maudet (IRIS-EHESS), thèse de sociologie sous la direction de Michel Bozon : « Religion et sexualité au prisme des rapports de genre. Etude quantitative de l’évolution de l’influence de la religion dans la régulation de la sexualité en France »

Lucy Michel, (Centre Pluridisciplinaire Textes et Cultures – CPTC) thèse de linguistique sous la direction de Philippe Monneret : « La relation entre genre grammatical et dénomination de la personne en langue française »

Vanina Mozziconacci, (Triangle, UMR 5206) thèse de philosophie sous la direction de Claude Gautier : « Les théories féministes et l’éducation (sexuelle) »

Laura Tatoueix, (GRHIS EA 3831) thèse d’histoire sous la direction de Sylvie Steinberg : « L’avortement en France à l’époque moderne »

 


[1] BUTLER Judith, Trouble dans le genre. Le féminisme et la subversion de l’identité, Paris, La Découverte, 2005 (1990), pp. 67-70 notamment.

[2] DELPHY Christine, L’Ennemi principal. 2. Penser le genre, Paris, Syllepse, 2001 (1991), p. 44.

[3] JACKSON Stevi, « Récents débats sur l’hétérosexualité. Une approche féministe matérialiste », Nouvelles questions féministes, vol. 17, n° 3, 1996, p.14.